Expositions du 14 mai au 30 octobre 2022

 À Milly-la-Forêt, Jean Cocteau trouve un cadre idéal. Sa maison devient une scène, il laisse libre cours à son imagination et construit un décor éclectique grâce aux conseils de son amie, la décoratrice Madeleine Castaing. C’est ainsi que sphinges, sirène et cheval de manège s’accordent aux tapisseries imitation léopard et au mobilier à cornes, pour composer une mélodie mystérieuse, représentatrice de l'œuvre de l’artiste. 

En découvrant la maison, on pense immédiatement à son chef-d’œuvre cinématographique La Belle et la Bête.

« Un conte de fées sans fée » selon ses propres termes, mais avec pour héros un animal hybride, homme aux mains et à la tête de lion, carnivore au regard humain, dont l’aura hante encore notre imaginaire. Cocteau, profondément imprégné de culture classique et de rêves d’absolu a su s’approprier la puissance intemporelle des grands mythes tout au long de sa vie. Un bestiaire enchanté se déploie sous nos yeux, héritage de l’enfance du poète rythmée par les contes, où les chats sont bottés et où les ensorcellements transforment les humains en animaux. L'exposition invite le visiteur à plonger dans l’univers onirique de Cocteau et ainsi, à prolonger le merveilleux de l’enfance. 

Commissariat : Anne Le Diberder (GIP Maison Jean Cocteau)

Scénographie : Frédéric Beauclair 

WEB-14-avril-2022-44.jpg

« Je décidai de prendre le conte comme point de départ et de remplir les marges avec des actes qui ne briseraient pas la ligne droite mais qui s’enrouleraient autour ».

de Jean Cocteau

Le bestiaire enchanté

© Région Ile-de-France, 2019

une histoire de ballet

« Étonne-moi ! » : Parade

Avec Parade, à l’aube des années folles, une mue s’opère dans le processus créatif de Jean Cocteau. Le point de départ de cette révolution artistique est sans doute le défi que lui lance Serge de Diaghilev : « Étonne-moi ! » En réunissant les imaginaires de Pablo Picasso, Erik Satie et Léonide Massine, Cocteau crée un ballet réaliste qui fera scandale puis deviendra un chef-d’œuvre.

Il imagine un spectacle qui mêle la danse, la peinture et la mimique et qui se déroule devant le décor d’un théâtre forain : un prestidigitateur, un couple d’acrobates et une petite américaine effectuent des prouesses pour convaincre la foule d’y entrer. C’est la parade, et c’est Parade !

 Le génie de Jean Cocteau est d’associer les contraires.

Il confie l’écriture de la musique à Satie, qui remplacera la mélodie par des bruits de la vie moderne : coups de revolver, sirènes de pompier et machine à écrire. Picasso, en pleine période cubiste, sera à l’origine des costumes, du décor et du rideau de scène inspiré par la commedia dell’arte. Léonide Massine, admirant Cocteau pour sa perception de la danse, accepte ses suggestions et prend le rôle du Chinois. Ce ballet est une poésie gaie et expressive, qui transmet la volonté de son créateur de rapprocher l’art qui sublime et la vie qui abîme. Pour la première fois, la réalité quotidienne était dansée et mise en scène.

La première représentation qui a lieu le 18 mai 1917 en plein conflit mondial, est très mal accueillie. Le public est scandalisé, et le spectacle vite retiré, la presse s’en prend aux « picassotises » et à la musique « outrageante » de Satie. Malgré tout, il est repris trois ans plus tard et devient rapidement la matrice des ballets d’avant-garde des années 20. C’est à propos de Parade, qu’Apollinaire utilise le terme de sur-réalisme  pour la première fois. L’exposition, présentée sous forme de panneaux et de vidéos du spectacle, sera itinérante à partir de novembre 2022.

Scénographie : Frédéric Beauclair,

Production : GIP Maison Jean Cocteau.